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« Paradoxes ! » L’édito de Bertrand Rambaud

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« Paradoxes ! » l’édito de Bertrand Rambaud

 

Ne sommes-nous pas entrés de plain-pied dans l’ère des paradoxes ? Une crise sanitaire sans précédent a provoqué une chute historique de 9 % de notre PIB en 2020, pour ne parler que de la France. D’un côté, des pans entiers de notre économie sont toujours à l’arrêt. De l’autre côté, certains secteurs affichent une santé insolente. Ainsi le groupe Lydia, participation de XAnge depuis 2014 a-t-il vu le nombre des utilisateurs de son système de paiement sans contact bondir de 50 % sur ces six derniers mois et a pu également réaliser une nouvelle levée de fonds de 112 M€. De même, le diffuseur de musique en ligne Believe, également accompagné par XAnge, s’est hissé au niveau d’Universal Music, de Warner ou de Sony Music, les trois majors qui dominent le secteur. Beaucoup d’autres entreprises ont décidé de passer outre leur environnement fluctuant et continué à chercher de la croissance. Notamment externe. En 2020, 25 % de nos participations auront ainsi concrétisé des acquisitions. C’est un premier paradoxe.

Plus globalement, et c’est un autre paradoxe, nous n’avons encore jamais connu un tel niveau de valorisation des actifs et disposé d’autant de liquidités, alimentés à la fois par des taux d’intérêt très bas et la création massive de monnaie pour faire face à la crise sanitaire.

Dans l’épais brouillard qui rend impossible la moindre prévision à court terme, les entreprises n’ont peut-être encore jamais eu autant besoin d’une vision à long terme. Et c’est bien l’une des responsabilités du private equity d’accompagner cette vision de long terme, en épaulant, et pas seulement financièrement, les entreprises dans cette évolution incontournable pour être les gagnants de demain. Notre métier aura en effet un rôle majeur dans le plan de modernisation de l’économie pour 2030.

Les cinq dernières années ont été marquées par la prise en compte de l’inéluctabilité de la transformation digitale. La plupart des entreprises ont désormais engagé ces grands changements que la crise sanitaire n’a fait qu’accélérer. Mais les cinq prochaines années vont voir l’émergence de nouveaux enjeux, ceux de l’ESG. En particulier dans le domaine de l’Environnement : maîtrise de l’énergie, décarbonation, développement de l’économie circulaire qui seront des évolutions déterminantes à intégrer dans les stratégies et qui pèseront dans l’appréciation de la performance globale des entreprises. Tous les secteurs seront concernés, en premier lieu l’industrie dont certaines entreprises ont engagé une réflexion sur le processus de conception de leurs produits, en vue de réduire l’empreinte carbone, les déchets et préserver la biodiversité. Ou encore celui du transport avec des acteurs qui devront faire évoluer leur flotte de véhicules pour les rendre moins polluants, comme le fait déjà le Groupe Jacky Perrenot. Notre rôle sera d’aider les dirigeants à opérer ces transformations et de les suivre à travers la mise en place d’indicateurs. Ces critères extra-financiers prennent ainsi une part croissante dans notre stratégie et dans la valorisation des entreprises.

Une partie de notre économie a été mise sous perfusion en 2020. L’année 2021 porte toujours en elle de nombreuses incertitudes, avec une croissance qui risque de dépendre davantage de la circulation du virus que de celle de la monnaie. Mais la vie des entreprises ne s’arrêtera pas pour autant. En réussissant à lever plus de 400 M€ en 2020, le double de la moyenne de ces dernières années, le Groupe Siparex vient en tous les cas de se donner les moyens nécessaires pour accompagner les entreprises malgré tous ces paradoxes.

Bertrand Rambaud
Président