Edito de Bertrand Rambaud

Bertrand Rambaud, Président de Siparex
La fragilité ne doit pas empêcher l’offensive. Certes, le contexte géopolitique demeure incertain. L’environnement macro-économique demeure chahuté. Le climat politique français demeure instable. Mais cette vulnérabilité ne saurait servir d’excuse à l’immobilisme. Elle doit encourager le volontarisme. Il faut savoir garder le cap et se donner les moyens de ses ambitions.
En 2025, à l’heure où les levées de fonds continuaient de marquer le pas dans notre classe d’actifs, Siparex a augmenté sa force de frappe d’un milliard d’euros. Notre plateforme se trouve armée pour accompagner, au mieux, la reprise du marché. Les conditions sont réunies pour que la machine à deals se relance. La convergence des attentes de valorisation entre acheteurs et vendeurs est actée. La rotation des actifs en portefeuille est une nécessité absolue. Plus important encore, les signaux de la confiance commencent à virer au vert. Ainsi, près de 90 % des GPs européens interrogés dans le dernier baromètre IPEM – Alix Partners déclarent que 2026 sera un bon millésime pour le déploiement du capital. Et ils sont même 60 % à le penser en matière de cessions. Quant au climat des affaires dans l’industrie, il s’est amélioré en janvier pour le quatrième mois consécutif, atteignant son plus haut niveau depuis juillet 2022, selon l’Insee. En d’autres termes, la tonalité conjoncturelle est plus positive. Toutefois, la volatilité demeure très forte et l’impératif de souveraineté toujours aussi prégnant. C’est sur cette toile de fond que les entreprises doivent poursuivre leur vaste processus de transformation et l’évolution de leurs modèles économiques à l’aune de la réindustrialisation, de la décarbonation, de l’intelligence artificielle, des transmissions… Les enjeux sont immenses. Et l’impact de notre profession peut l’être tout autant.
C’est aujourd’hui qu’il faut consolider des plateformes de private equity diversifiées en termes d’offre de produits et d’empreinte géographique. C’est pourquoi Siparex accélère son développement à l’international : un cinquième de nos actifs sont désormais déployés entre l’Italie, l’Allemagne et la Belgique. C’est 60 % de plus qu’en 2024. L’écosystème tricolore du non-coté, dans son ensemble, s’engage dans cette voie : entre juin 2024 et juin 2025, la part des investissements (en valeur) réalisés en Europe a plus que doublé. C’est aussi aujourd’hui qu’il convient de construire des entreprises plus robustes, moins dépendantes de leur marché domestique, mieux affûtées pour rester dans la course internationale.
En capitalisant sur la puissance de notre profession et sur la solidité de nos entreprises, nous pouvons collectivement agir en faveur de la souveraineté européenne. A nous de faire, ensemble, de 2026 une année charnière. C’est, avant tout, une question de volonté et de pugnacité.