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Portrait : Virginie Brunel, Directrice Générale de Démeco

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Une virtuose de la vie

C’est peut-être en Colombie que Virginie Brunel a forgé une part de son caractère. Alors qu’elle préparait son bac au lycée français de Bogota, elle découvrait fascinée la joie de vivre des Colombiens, heureux même dans le dénuement le plus absolu. « Si on perdait notre joie de vivre, que nous resterait-il ? » lui disait-on à l’époque. Cet amour de la vie est un élément clé d’une réussite professionnelle hors norme. En effet, à 40 ans à peine révolus, devenir la Directrice Générale de Demeco, le numéro 1 du déménagement en France, n’était pas à la portée de tout le monde. Encore moins d’une femme projetée dans un univers d’hommes. Pourtant, rien n’est plus étranger à Virginie Brunel que l’esprit de carrière. Jamais de calcul chez cette femme, ni d’ambition démesurée comme elle l’avoue elle-même dans un sourire à la fois désarmant et généreux. « Je me suis contentée de saisir les opportunités qui se présentaient à moi, de saisir la chance des rencontres ».

Si Virginie Brunel commençait sa carrière dans la distribution, à 34 ans elle s’orientait par hasard vers les métiers du déménagement. Mais au bout de six ans, dans une entreprise de forme coopérative où les décisions étaient lentes et exigeaient une énergie folle pour faire avancer les choses, cette grande impatiente commençait à s’ennuyer. Et l’ennui chez Virginie Brunel est comme une sorte de péché mortel. Elle préférait alors démissionner.

Patrick Bornhauser, le PDG de Demeco, 275 M€ de chiffre d’affaires pour le réseau, faisait appel à elle en 2011. C’était une rencontre exceptionnelle entre deux caractères opposés mais tellement complémentaires. Autant Patrick Bornhauser est posé, calme, réfléchi, autant il y a du feu et des flammes chez Virginie Brunel qui est un véritable tourbillon d’énergie. « Je suis là pour faire avancer des projets, on me donne l’Everest à gravir, je vais entraîner toute mon équipe » dit-elle avec fierté mais sans forfanterie. Cette capacité-là, c’est sa force. En tous les cas, le binôme formé par Patrick Bornhauser et Virginie Brunel fait des étincelles, les résultats de Demeco sont là pour le rappeler. A l’image également de ceux de la filiale espagnole, grupo Amygo, qui a doublé son chiffre d’affaires sur un an. L’Espagne, dont elle parle parfaitement la langue, est peut-être le pays où les qualités de Virginie Brunel ont donné leur pleine mesure.

Le rôle de Virginie Brunel, qui parle 4 langues, dépasse largement celui d’une directrice générale classique. Il est aujourd’hui déterminant dans le développement de Demeco à l’international. Elle a également insufflé la véritable stratégie de digitalisation du groupe en créant une place de marché dont la simplicité est une référence dans ce métier si particulier mais « tellement vivant » précise-t-elle. « Avec Patrick Bornhauser, nous avons pris nous-mêmes en main la digitalisation de l’entreprise, il n’était pas question qu’on devienne les sous-traitants d’une start-up ».

Nul doute que cette mère de quatre enfants, passionnée de musique, qui voue un culte à Gabriel Fauré – elle a fait partie d’une chorale qui interprétait son requiem – et à Rachmaninov, a su conquérir cet univers si masculin. « Il n’y avait qu’une seule façon pour y parvenir et pour que ces hommes vous suivent, il fallait les respecter, les écouter et savoir leur parler avec franchise ».