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Portrait, Valentin Traiteur, un team gagnant

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Emmanuel Brochot, PDG de Valentin Traiteur

Valentin Traiteur, un team gagnant

Au soir du samedi 2 juin 2007, une explosion de joie secouait la ville de Roanne. Rues en folie, scènes de liesse, exubérance joyeuse du bonheur partagé, la « Chorale », son club mythique de basket venait de remporter son titre de champion de France de Pro A.
Performance sportive d’autant plus improbable que la « Chorale » disposait d’un des plus petits budgets du championnat. L’artificier de cette explosion s’appelait Emmanuel Brochot. Devenu Président du Club un an auparavant, il avait mis la même détermination, fait preuve des mêmes capacités d’analyse, de la même rigueur à hisser la « Chorale » au sommet, qu’il en avait montré quelques années plus tôt à transformer une entreprise défaillante en leader.

En effet, lorsqu’Emmanuel Brochot reprenait Valentin Traiteur en 1993, l’entreprise était en dépôt de bilan. Il y était entré deux ans plus tôt comme responsable de la production. S’il possédait une parfaite connaissance des produits et des règles liées à la sécurité alimentaire, il n’avait en revanche qu’une idée tout à fait approximative de la gestion d’une entreprise et de la manière de manager les hommes, comme il le reconnaît lui-même aujourd’hui. Ce saut dans l’inconnu, il l’accomplissait avec une certaine naïveté mais avec quelques idées simples qui sont parfois les plus difficiles à mettre en oeuvre. A commencer par celle de fabriquer des produits qui se vendent. S’il y avait un réel savoir-faire à l’intérieur de l’entreprise, il a fallu bouleverser bien des habitudes, remettre en question bien des modes de production pour qu’elle devienne compétitive. Il faudra deux années de tâtonnements, d’ajustements intuitifs à Emmanuel Brochot pour y parvenir. Sans jamais vraiment douter, tout en tirant les leçons des échecs, le renoncement n’étant guère dans son caractère.

C’est par le plus grand des hasards, alors que Valentin Traiteur commence à aller mieux, qu’un de ses fournisseurs emmène Emmanuel Brochot assister à un match de basket. A l’époque il ignorait tout de ce sport. Sa passion à lui, c’est le vélo, qu’il pratique pour le dépassement de soi et l’esprit de compétition. « Le vélo forge un caractère, apprend à ne compter que sur soi, à ne jamais renoncer » explique Emmanuel Brochot.

Mais lors de sa première expérience de spectateur, il perçoit cette sorte de dimension fusionnelle entre une ville et un sport. Le basket appartient au même titre que les industries de la maille et d’armement, au patrimoine de Roanne. Et cette passion, quasi irrationnelle parfois, tous les salariés de Valentin Traiteur, hommes et femmes confondus, la partagent. Comme Emmanuel Brochot n’aime pas faire les choses à moitié, il entre à la « Chorale » pour s’occuper des finances. Comme dans une entreprise, il gravit tous les échelons jusqu’à la présidence. Parallèlement, Valentin Traiteur devient le principal sponsor du Club. Cette passion partagée entre Emmanuel Brochot et ses salariés établit une singulière proximité entre eux. Sans en avoir vraiment eu conscience, le basket est devenu pour lui un outil de management à part entière. Victoires et rares défaites rythment désormais la vie de l’entreprise. Un désaccord profond avec une nouvelle municipalité sortie des urnes remettra en question cette dimension humaine. Emmanuel Brochot, d’un caractère entier, renonce la mort dans l’âme à son rôle de président et de sponsor. Mais cette expérience aura été déterminante dans sa façon de responsabiliser chacun de ses collaborateurs, de faire de l’entreprise une équipe gagnante. Car pendant ce temps, Valentin Traiteur est devenu avec plus de 300 salariés le premier employeur privé de la ville et a enregistré une croissance spectaculaire.

Chaque jour ce sont des norias de camions qui quittent les unités ultramodernes de production de Mably près de Roanne pour alimenter sous marque distributeur toutes les grandes surfaces de l’hexagone en snacking et produits traiteur frais. Ils ont commencé à sillonner les routes de plusieurs pays d’Europe. Alors la page du basket est-elle définitivement tournée malgré tout ce que le sport a apporté à Emmanuel Brochot dans sa façon de manager les hommes ? Ce n’est peut-être pas sûr.