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Portrait : Cyril Chiche, Co-fondateur de Lydia

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LYDIA, UNE LÉGENDE AMÉRICAINE

Quelque part dans le 2ème arrondissement de Paris flotte comme un air de Silicon Valley. C’est à s’y méprendre tant l’apparente décontraction de Cyril Chiche et d’Antoine Porte, les deux fondateurs de Lydia, ainsi que de leurs collaborateurs, appartient à la légende américaine. D’ailleurs Lydia, application mobile de paiement permettant aux particuliers d’effectuer en temps réel leurs opérations courantes, n’est-elle pas d’ores et déjà une success story comme on les affectionne outre-Atlantique ? Et avec le recul, on ne peut que voir dans le stage que le jeune étudiant en sciences économiques Cyril Chiche effectuait à New York en 1994, une forme de prédestination. New York où il reviendra comme responsable marketing d’une entreprise informatique en 2000 juste avant que n’explose la bulle internet en 2001, dont il sera une victime collatérale puisqu’il se retrouvera du jour au lendemain sans job comme on dit là-bas. Il découvrira médusé qu’une entreprise qui valait 100 millions de dollars la veille, ne valait plus rien le lendemain. Cyril Chiche retiendra la leçon. C’est à ce moment-là qu’il décidera de créer son entreprise. Évidemment il avait déjà en lui ces fameux gènes de l’entrepreneur.

La réussite de Lydia fondée en 2011 mais seulement opérationnelle depuis 2013, se lit sur le tableau électronique que chacun a sous les yeux dans l’open space. Il indique, là aussi en temps réel, le nombre des utilisateurs de l’application mobile. Il dépasse déjà le million cinq cent mille. Comme une sorte de pouls du succès, ils sont chaque jour plus de 3 300 à les rejoindre. Ce n’est pas une vraie surprise de constater qu’il s’agit dans leur écrasante majorité d’hommes et de femmes de moins de 35 ans.

Cyril Chiche l’avoue sans détour avec cette énergie luxuriante, cette chaleur humaine qui le caractérisent, il a été inspiré par le développement du paiement mobile au Japon mais aussi plus surprenant, dans un pays comme le Kenya. Tout était prêt, ne manquait plus que la petite étincelle du hasard sans laquelle rien de grand ne se produit jamais. Ce sera la rencontre décisive en 2011 avec Antoine Porte dans un grand bar parisien. Ce dernier connaissait parfaitement les infrastructures du web et la révolution du cloud en train de bouleverser le monde de la communication à une vitesse fulgurante. Ensemble, le mot est capital car pour Cyril Chiche on ne peut rien réussir seul, quelles que soient son envie et ses qualités, ils peaufinent leur projet, rebattent les cartes de la candeur en ne prenant pas pour argent comptant le conseil des spécialistes, « nous ne voulions surtout pas qu’ils nous enferment dans les certitudes de l’existant, nous voulions inventer quelque chose de nouveau » comme l’explique joliment Cyril Chiche.

Ils passeront 6 mois à étudier la faisabilité financière, technologique et réglementaire de leur projet. Nul doute que le magnifique bar du Fumoir qui, pour la petite histoire, date de la prohibition et provient directement de la côte Est des Etats-Unis, conserve quelques souvenirs de cette fascinante gestation. Car pour Cyril Chiche et Antoine Porte il n’était pas question de brûler les étapes. « Il fallait vérifier avec Antoine que nous partagions la même vision, que nos caractères étaient compatibles et que nous pouvions tous les deux répondre à cette question essentielle : combien de  temps on pouvait tenir sans être payés » explique Cyril Chiche. Autant dire que rien n’a été laissé au hasard dans la création de Lydia. Une approche qui en soi mériterait à coup sûr d’être enseignée dans les écoles de commerce, ce qui éviterait bien des échecs.

Une fois le projet d’aplomb, avec cette passion communicative, capable de renverser des montagnes, qui est celle de Cyril Chiche, ce n’était plus qu’un jeu d’enfant pour convaincre entourage et famille de participer au financement initial du projet. Aujourd’hui personne ne doit le regretter. Pas plus la famille que les investisseurs ultérieurs. Il suffit simplement de se rappeler que le nom de Lydia, trouvé par Antoine Porte, vient de Lydie, un pays de la mer Egée qui aurait inventé la monnaie et qui est traversé par une rivière qui s’appelle … le Pactole.