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« Jouons collectif !  » – l’édito de Bertrand Rambaud

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« Jouons collectif !  » – l’édito de Bertrand Rambaud

Quel sera l’impact à terme sur les investisseurs étrangers des images diffusées en boucle dans le monde entier d’une France dont certains lieux emblématiques ont été mis à feu et à sac ? Choisiront-ils l’attentisme ou risquons- nous de les voir se détourner d’un pays décidément imprévisible, alors que la reconquête de notre attrait économique était bien entamée ? Déchaînements de violence d’autant plus incompréhensibles qu’ils se produisent dans un des pays reconnus par l’OCDE comme l’un des plus égalitaires au monde après mise en oeuvre des mécanismes de redistribution. Mais souligner le caractère irrationnel et émotionnel de l’embrasement n’apporte aucune vraie réponse à ses causes.

Pour ma part je crois qu’au-delà de cette bataille du pouvoir d’achat qui est une juste revendication, cette violence a révélé une véritable quête de sens, notamment dans le travail. Il est donc urgent d’approfondir le rôle sociétal de l’Entreprise qui doit redoubler d’effort pour répondre à ce mal-être, même si elle n’en est pas la cause première. Je suis convaincu que l’Entreprise constitue un repère, tout comme la famille. Par sa structure, sa vision, son objectif collectif de rassembler les collaborateurs autour d’un projet commun et de maximiser ses gains, l’Entreprise doit savoir illustrer ce qu’est l’intérêt général et donner du sens à l’action de chacun. Les mentalités doivent évoluer pour organiser à l’intérieur de l’Entreprise une gouvernance plus ouverte, plus collective. Le projet de loi Pacte apporte certains éléments de réponse, en favorisant notamment
l’ouverture du capital ou l’intéressement pour permettre au salarié de bénéficier du profit de son entreprise, mais surtout de renforcer son sentiment d’appartenance. L’élargissement des conseils d’administration aux salariés va également dans ce sens. La loi réaffirme le rôle de l’Entreprise en rappelant qu’elle doit assumer une mission sociale et environnementale.

En tant qu’acteur du capital investissement, nous ne pouvons nous affranchir de ces évolutions. Pour nous aussi, l’un des principaux enjeux est de jouer « plus collectif ». Par exemple en renforçant l’alignement d’intérêt entre l’investisseur en capital et les dirigeants de l’Entreprise. Nos métiers se doivent d’être encore plus tournés vers l’accompagnement des groupes qui nous ont ouvert leur capital afin de créer de la valeur pour l’Entreprise, ses salariés et par voie de conséquence ses actionnaires. Après le recrutement d’un Chief Digital Officer dont le temps est entièrement dédié aux entreprises dont nous sommes actionnaires, nous avons décidé de renforcer notre accompagnement. Ainsi, nous allons structurer une équipe dédiée, afin d’intervenir dans des domaines aussi variés que le business development ou le recrutement des talents. Nous enrichirons ainsi notre offre de services.

Dans le même esprit, pour ne pas compter que sur les efforts des autres, Siparex lancera une Fondation dont la vocation sera de consacrer une part des plus-values réalisées par les fonds au financement d’initiatives d’intérêt général.

Toutes ces évolutions très concrètes concourent, j’en suis convaincu, à donner un sens renforcé à notre rôle d’actionnaire et à favoriser un meilleur épanouissement dans le travail, ce qui n’a rien de contradictoire. Jouons collectif à l’intérieur de nos entreprises et dans l’accompagnement de celles-ci, et cela pourrait être notre fer de lance pour cette nouvelle année 2019 que je souhaite excellente à chacun d’entre vous.

Bertrand Rambaud,
Président