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« Coté versus non coté » l’édito de Bertrand Rambaud

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« Coté versus non coté » l’édito de Bertrand Rambaud

Alors que les introductions en Bourse ralentissent fortement et que le nombre de sociétés cotées en Europe a diminué de 20% en dix ans d’après la Banque Mondiale, on observe parallèlement que le Private Equity attire de plus en plus d’entreprises et d’investisseurs en mobilisant aujourd’hui plus de 2 000 milliards de dollars dans le monde (source Bain et Company). Pour autant, coté et Private Equity sont-ils opposables ?

Je pense au contraire que leurs rôles sont parfaitement complémentaires. Si la création de valeur du Private Equity se fait sur le long terme et dans une plus grande discrétion, la cotation en bourse offre, notamment grâce à la notoriété qu’elle donne aux entreprises cotées, une plus importante capacité à lever des fonds et davantage de liquidité. Comment aurait eu lieu la fusion de PSA et Fiat si ces deux entreprises n’avaient pas été cotées ? Les entreprises cotées sont en revanche soumises à une pression de marché plus forte, à laquelle s’ajoutent des contraintes réglementaires importantes, une volatilité de leur cours, freins que ne connait pas le Private Equity.

Si ces deux types de financement ont donc chacun leurs atouts et leurs inconvénients, coté et Private Equity n’ont pour autant rien d’antinomique. Il nous est ainsi arrivé d’investir dans les holdings familiales d’entreprises cotées comme Stef, Gerard Perrier Industrie ou le Noble Age avec lesquelles nous avons connu des parcours de création de valeur remarquables. Par ailleurs, si entrer en bourse était auparavant la consécration pour une entreprise, cela demeure bien entendu une sortie noble pour les participations. En réalité, tout est une question d’offre, et le financement des entreprises est justement devenu un métier d’offre : il s’est organisé, structuré et segmenté pour répondre au mieux à leurs besoins. Ainsi, le coté est l’un des outils à disposition des entreprises, tout comme le Private Equity, qui a lui-même connu des évolutions récentes.

Parmi ces évolutions, retenons qu’aujourd’hui les fonds d’investissement jouent un rôle croissant et plus actif, même essentiel, dans la création de valeur afin, à la fois de répondre aux grands enjeux de mutation accélérée de notre économie, mais aussi pour tenir compte d’une augmentation générale de la valorisation des actifs et offrir ainsi un meilleur rendement aux investisseurs.

C’est ce qui nous conduit à prendre de plus en plus souvent des participations capitalistiques plus fortes dans les entreprises que nous accompagnons, voire majoritaires, position qui nous donne la possibilité de mieux accompagner les dirigeants et de façon plus profonde, et pourquoi pas jusqu’aux portes du marché coté. Les opérations récentes réalisées au sein des groupes Jacky Perrenot, Sintex ou Rondot illustrent parfaitement cette stratégie. Ce rôle plus actif, renforcé par les ressources de notre Operating Team, véritable soutien aux dirigeants dans les domaines de la transformation digitale, business développement, communication…, représente une évolution importante.

Enfin, preuve que Private Equity et Bourse peuvent faire « bon ménage », Siparex endosse le rôle d’incubateur pour l’un de ses collaborateurs, Mathieu Marc, en l’accompagnant dans la création de sa structure, Cambium… un fonds destiné à investir dans les PME et ETI cotées ! Pouvait-on rêver meilleure alliance entre le coté et le non coté ?

Bertrand Rambaud
Président